Près de quarante Français figurent dans les tableaux du WTT Feeder Hennebont 2026, du 20 au 24 mai. Prithika Pavade et Jules Rolland portent les ambitions tricolores en tant que têtes de série, mais le contingent regorge de jeunes pousses qui jouent leur saison sur cette étape bretonne. Tour d'horizon des Bleus engagés et de leurs chances.
L'effectif tricolore en chiffres
- Tableau principal messieurs : 7 joueurs (dont 4 wild cards)
- Tableau principal dames : 9 joueuses (dont 4 wild cards)
- Qualifications messieurs : 16 joueurs
- Qualifications dames : 9 joueuses
- Doubles : 9 paires masculines, 7 paires féminines, 8 paires mixtes
Prithika Pavade, tête de pont attendue
À 21 ans, Prithika Pavade aborde Hennebont avec un statut clair : tête de série numéro un et favorite logique du tableau dames. La Francilienne, 28e mondiale, présente la marge la plus confortable du tournoi sur la deuxième tête de série, la Taïwanaise Yeh Yi-Tian (43e). Sur le papier, le titre lui tend les bras.
La gauchère restera vigilante face aux pièges classiques d'un Feeder sur sol national : pression du public, premiers tours face à des qualifiées peu lisibles, gestion du double avec Audrey Zarif où la paire est également favorite. Une élimination prématurée ouvrirait la porte à un retour au classement de la Sud-Coréenne Lee Sieun. Pour Pavade, le calcul est simple : la victoire ou rien.
Son entraînement des dernières semaines, partagé entre l'INSEP et son club d'origine, a été ajusté pour pic de forme à Hennebont avant les Championnats d'Europe de Lyon en juillet. La séquence est cohérente avec ses objectifs de fin de saison.
Jules Rolland, l'enfant du pays
L'histoire est presque trop belle pour être vraie. Jules Rolland, 20 ans, joue à domicile sur les tables où il s'est formé. Le pongiste hennebontais, 89e mondial, hérite de la tête de série numéro 7 grâce à une wild card. Première saison pleine sur le circuit international après une montée régulière sur les Youth Contender, il découvre la pression d'un statut de favori local.
Le style de Rolland repose sur un revers offensif en topspin et une lecture rapide du service adverse. Ses limites résident dans la gestion des matchs longs : sur le circuit Pro A, ses défaites concernent souvent des cinquièmes ou septièmes manches serrées. Hennebont devra valider sa progression mentale autant que technique.
La salle, qu'il connaît dans ses moindres recoins, joue en sa faveur. Reste à voir si l'effet domicile sera un moteur ou un fardeau. Une qualification pour les huitièmes de finale serait déjà une réussite mesurée à l'aune de son classement.
Florian Bourrassaud, l'autre carte tricolore
Souvent dans l'ombre médiatique des frères Lebrun et de Pavade, Florian Bourrassaud poursuit une trajectoire patiente. Classé 102e mondial, le droitier intègre le tableau principal via une wild card. Son association en double avec Esteban Dorr (CPR 32) le place même en tête de série numéro un du double messieurs, signal de la confiance accordée par les sélectionneurs.
Bourrassaud est un joueur de fond de table, à l'aise dans l'échange long et capable de varier les effets. Son point faible reste la mise en jeu, qui le condamne à courir après le score face aux serveurs-attaquants taïwanais. Au-delà du résultat individuel, le tournoi sera l'occasion de tester la connexion avec Dorr, un duo que Paolo Garlin pourrait reconduire pour les compétitions par équipes.
Le contingent féminin, en profondeur
Au-delà de Pavade, neuf Françaises occupent le tableau principal des dames. Audrey Zarif (127e mondiale) reste la deuxième Tricolore la mieux classée. Sa saison 2025-2026 a été perturbée par une blessure au poignet ; Hennebont marque son vrai retour à la compétition internationale.
Derrière, Isa Cok (193e) et Léana Hochart (201e) représentent la génération intermédiaire. Toutes deux issues des pôles France, elles cherchent à franchir un cap. Claire Picard (224e) complète ce groupe. Quatre wild cards ont également été accordées : Jade Huynh (331e), Élise Pujol (339e), Cléa De Stoppeleire (562e) et Audrey Zarif elle-même, signe de la volonté fédérale d'élargir la base.
En qualifications, Nina Guo Zheng (277e) part avec le statut de tête de série numéro 2. La Parisienne, formée à l'Étoile Morteau, vise sa première qualification pour un tableau principal Feeder.
Côté hommes : la profondeur en qualifications
Sept Tricolores intègrent directement le tableau principal messieurs, mais la véritable bataille française se joue en qualifications. Seize Français se disputent les rares places offertes par le circuit qualificatif. Romain Brard (235e), tête de série numéro 2 des qualifications, est le mieux placé. Antoine Noirault (301e) et Benjamin Fruchart (358e) suivent.
Le format des qualifications, en élimination directe sur un match, ne pardonne aucune approximation. Une seule fausse note et l'aventure s'arrête. Pour ces joueurs, Hennebont représente parfois la seule occasion de l'année d'engranger des points WTT à domicile.
Les Français à suivre dans les qualifications
| Joueur | Tableau | Classement |
|---|---|---|
| Romain Brard | QLF messieurs | #235 |
| Antoine Noirault | QLF messieurs | #301 |
| Benjamin Fruchart | QLF messieurs | #358 |
| Nathan Lam | QLF messieurs | #375 |
| Nina Guo Zheng | QLF dames | #277 |
| Agathe Avezou | QLF dames | #504 |
Les paires françaises en double
Le double messieurs aligne neuf paires entièrement françaises sur quinze engagées. Bourrassaud / Dorr partent favoris en tant que tête de série numéro un. Derrière, Hugo Deschamps / Alexis Kouraichi (CPR 566) et Nathan Lam / Nathan Pilard (CPR 633) représentent les meilleures chances de surprise.
Chez les dames, deux paires françaises occupent les têtes de série : Zarif / Pavade (numéro 1) et Hochart / Guo Zheng (numéro 4). En double mixte, Pilard / Guo Zheng (numéro 4) restent la formation la plus prometteuse, devant Picard / Picard, paire frère-sœur du club d'Hennebont, qui jouera doublement à domicile.
Le fait marquant : une politique de wild cards assumée
La FFTT a distribué neuf wild cards aux Français : quatre dans le tableau principal messieurs, quatre chez les dames. Le choix est politique. Plutôt que d'inviter des têtes d'affiche étrangères pour remplir la salle, la fédération mise sur ses jeunes. Un match disputé face à un top 100 vaut plus que dix tournois nationaux.
Le revers est connu d'avance : le niveau global du tableau s'en trouve un peu abaissé, et il faudra accepter des éliminations françaises précoces. Le vrai critère de réussite ne sera pas le palmarès du dimanche mais le nombre de matchs joués par chaque pongiste tricolore, et ce qu'ils en ressortiront techniquement. La direction technique nationale assume cette ligne depuis Paris 2024.
Foire aux questions
Combien de Français participent au WTT Feeder Hennebont 2026 ?
Près de quarante joueurs et joueuses français figurent dans les différents tableaux (simples, doubles, double mixte), tous engagements confondus.
Qui est la tête d'affiche française à Hennebont ?
Prithika Pavade, 28e mondiale et tête de série numéro un du tableau dames, est la favorite logique du tournoi côté français. Jules Rolland, tête de série 7 chez les messieurs, joue à domicile.
Pourquoi autant de wild cards françaises ?
La FFTT privilégie l'exposition internationale de sa jeune génération sur les étapes WTT organisées en France. Une politique de détection assumée dans la lignée de Paris 2024.
Où trouver le programme détaillé des matchs ?
Le programme par session est publié sur le site officiel World Table Tennis et relayé par la FFTT. Voir aussi notre preview générale du tournoi.
Prochaines échéances
Après Hennebont, les Tricolores enchaîneront sur le WTT Contender Zagreb (3-8 juin) puis sur les Championnats d'Europe individuels de Lyon (15-20 juillet 2026). Pour Pavade et Rolland, l'échéance lyonnaise reste l'objectif majeur de la saison. Hennebont jouera le rôle de test grandeur nature, à six semaines du tournoi continental.

