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Technique

Comment tenir sa raquette de ping-pong : les prises expliquées

Prise classique ou porte-plume ? Les deux façons de tenir sa raquette de tennis de table, avec leurs avantages et les joueurs qui les utilisent.

CDCamille Durand9 avril 20264 min de lecture
Comment tenir sa raquette de ping-pong : les prises expliquées

La façon dont vous tenez votre raquette conditionne tout le reste : amplitude des gestes, puissance des coups, capacité à produire des effets. Au tennis de table, deux grandes familles de prises coexistent depuis plus d'un siècle, et le choix entre les deux est rarement neutre.

La prise classique (orthodoxe ou « shakehand »)

C'est la prise dominante en Europe et la plus répandue dans le monde. On tient la raquette comme on serrerait une main : les trois derniers doigts enserrent le manche, l'index repose à plat sur le revêtement côté revers, le pouce se pose sur le revêtement côté coup droit.

Cette prise offre plusieurs avantages :

  • Transition naturelle entre coup droit et revers, sans changer la position de la main.
  • Amplitude de geste importante sur les deux côtés.
  • Facilité d'apprentissage pour les débutants occidentaux.

Son principal défaut : le « croisement » au milieu du corps, cette zone où le joueur hésite entre coup droit et revers. Les joueurs expérimentés contournent ce problème par le jeu de jambes et le pivot.

Félix et Alexis Lebrun, Simon Gauzy, Timo Boll, Truls Moregård : la quasi-totalité des joueurs européens du top mondial utilisent la prise classique.

La prise porte-plume (« penhold »)

La prise porte-plume tire son nom du geste : on tient la raquette entre le pouce et l'index, comme un stylo, les trois autres doigts repliés derrière la palette. Cette prise existe en deux variantes principales.

Le porte-plume chinois (CPH)

Le joueur utilise les deux faces de la raquette. Les doigts repliés derrière la palette permettent de jouer un revers en retournant le poignet (technique dite RPB, « reverse penhold backhand »). C'est la version moderne du porte-plume, popularisée par Wang Hao dans les années 2000 et portée au sommet par Wang Chuqin, actuel numéro 1 mondial.

Le porte-plume japonais/coréen (JPH)

Le joueur n'utilise qu'une seule face de la raquette (le coup droit). Le revers se joue en coup droit inversé, avec un mouvement du poignet. Cette variante, plus ancienne, est devenue rare au plus haut niveau mais reste pratiquée en Asie.

La prise porte-plume offre un avantage décisif au service (grande liberté du poignet) et en jeu court (toucher de balle plus fin). En revanche, elle limite l'amplitude du revers classique, ce que le RPB compense partiellement.

Quelle prise choisir quand on débute ?

La réponse dépend de l'environnement. En France et en Europe, la prise classique est recommandée pour les débutants : les entraîneurs la maîtrisent, les exercices de club sont conçus pour elle, et la progression est plus rapide sur les deux côtés.

Un joueur qui débute avec la prise porte-plume en Europe trouvera peu d'entraîneurs capables de le guider sur les spécificités de cette prise (jeu de jambes adapté, RPB). C'est faisable, mais le parcours sera plus solitaire.

Notre guide de la raquette débutant détaille les modèles adaptés à chaque prise. Et si vous découvrez le tennis de table, notre guide pour bien commencer couvre les premiers pas au-delà de la prise de raquette.

Les erreurs de prise les plus fréquentes

  • Serrer le manche trop fort. Le poignet se bloque, les effets deviennent impossibles. La raquette doit pouvoir « bouger » légèrement dans la main au moment du contact.
  • Index trop haut sur le revêtement. Il gêne la surface de frappe et réduit la zone utile de la raquette.
  • Pouce posé sur le manche (et non sur le revêtement). Le contrôle en revers s'effondre.
  • Changer de prise en cours de progression. Sauf problème physique, il vaut mieux corriger sa prise actuelle que d'en adopter une nouvelle après plusieurs mois.

FAQ

La prise porte-plume est-elle meilleure que la prise classique ?

Ni meilleure ni moins bonne : elle est différente. Wang Chuqin, numéro 1 mondial, joue en porte-plume chinois. Les frères Lebrun jouent en prise classique. Les deux prises permettent d'atteindre le plus haut niveau.

Peut-on changer de prise après plusieurs années ?

C'est possible mais coûteux en temps. Il faut compter 6 à 12 mois pour retrouver son niveau précédent avec une nouvelle prise. La plupart des entraîneurs le déconseillent sauf raison médicale.

Pourquoi les joueurs chinois utilisent-ils le porte-plume ?

C'est un héritage culturel et technique. Le porte-plume était la prise dominante en Asie avant les années 1990. Depuis, beaucoup de joueurs chinois sont passés à la prise classique, mais le porte-plume reste enseigné et valorisé, notamment grâce au RPB qui a résolu le problème historique du revers.

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